
Oeufs : produit symbolique, n.m.
Définition ludique
Nos connaissances historiques nous permettent d’affirmer que les Micmacs chassaient sur les Îles de la Madeleine, que Jacques Cartier a réalisé plusieurs voyages au Canada, et que les Madelinots ont fait plusieurs voyages à Moncton pour aller magasiner. Mais l’histoire n’est pas sans failles et, malgré de sérieuses études, personne n’est encore arrivé à découvrir à ce jour qui de l’œuf ou de la poule est arrivé aux Îles en premier! Une chose est certaine, nous savons que les œufs, eux, n’ont plus besoin de voyager pour arriver sur l’archipel, ce qui nous garantit des produits frais, pondus plus souvent par des poules de luxe que des poules mouillées.
Les oeufs les plus frais du québec
Fut une époque où les produits frais étaient difficiles à trouver, en basse saison, aux Îles de la Madeleine. Il n’était pas rare de voir les œufs venus de l’extérieur, ayant parcouru des milliers de kilomètres, gelés ou fêlés à leur arrivée à quai. Heureusement, tels d’irréductibles Gaulois, est située sur un terrain boisé de L’Étang-du-Nord, la dernière fermette avicole familiale du Québec. Ce petit bijou de ferme assure aujourd’hui la quasi-totalité de l’approvisionnement en œufs de l’archipel qui, eux, parcourent bien peu de kilomètres pour se retrouver dans nos assiettes. Les restaurants, les marchés d’alimentation et les institutions ont tous le privilège d’avoir accès à des œufs frais du jour, toute l’année.
Revenue sur ses Îles natales en 2000, Jeanne Bourgeois, alors enseignante, se lance dans un projet d’envergure avec son conjoint François Dumont : celui d’acquérir la ferme avicole. Depuis, à travers quelques embûches et grâce à un travail acharné, le couple a considérablement augmenté la rentabilité de l’entreprise, qui ne connaît pratiquement aucune perte. Même les fientes sont transformées en engrais biologique pour les maraîchers des Îles et d’ailleurs. Cet exploit pourrait s’expliquer par trois priorités : le bien-être des employés, les bons soins des animaux, et l’entretien des bâtiments.
L’équipe de travail à la ferme est la même depuis plus de 15 ans, et chacun est valorisé dans son travail pour permettre le bon fonctionnement des opérations. « On met toujours l’humain en premier. Ce sont des humains qui s’occupent des machines et des animaux. Chaque œuf est regardé individuellement par un humain et ils sont classés par grosseur, puis emballés à la main. », explique Jeanne. « À la ferme, c’est comme une famille, on jase tout le temps. Des fois, Jeanne fait des galettes ou des madeleines, pis moi je fais des œufs dans le vinaigre, et on fournit toujours le café! », ajoute François.
Évidemment, le bien-être des animaux est aussi primordial pour assurer une ponte constante et des œufs de qualité. « Tout le monde dit que François a comme un don avec les animaux. Il les adore depuis qu’il est tout petit. Ça vient de sa mère; elle est pareille comme lui! », raconte Jeanne. À la Ferme avicole Bourgeois Dumont, les poules sont traitées comme des reines, et plusieurs travaux ont été mis en œuvre pour améliorer la qualité de l’air, la santé et l’alimentation des animaux. D’ailleurs, voilà la troisième priorité de la famille : l’entretien des installations. « Je travaille surtout à faire de la prévention. Les premières années, ça a été beaucoup de travail, il a fallu défaire le patchage et tout optimiser pour le bien-être des poules. Aujourd’hui, je suis fier de dire qu’on est vraiment conforme aux normes d’élevage et de production, et je m’organise toujours pour avoir un double, ou même un triple des pièces de machine dont j’ai besoin, au cas où! », soutient François. Effectivement, un bris dans la chaîne de production quotidienne pourrait avoir de gros impacts sur l’approvisionnement de ce produit de base aux Îles.
Malgré les travaux d’envergure, les péripéties et les grands dossiers à défendre, l’entreprise de la famille Bourgeois-Dumont reste une petite ferme chaleureuse, à échelle humaine, qui permet aux Madelinots, Madeliniennes et visiteurs de manger les œufs les plus frais au Québec!
Activités calendaires
Recette
On a souvent pensé à tort que les oeufs se mangeaient seulement au déjeuner. Pourtant, il n’y a rien de mieux pour accompagner ses beignets qu’une bonne vieille fripette.
Confiture aux oeufs (fripette)
Ingrédients
- 2 tasses de mélasse
- 2 oeufs
Préparation
- Faire bouillir la mélasse pendant 5 minutes.
- Battre les 2 œufs dans un bol. Les ajouter à la mélasse.
- Remettre à cuire pour 2 minutes.
Recette issue de l’édition 1951-86 de l’ouvrage Cuisinons avec les fermières des Îles de la Madeleine.
